L’Université, quelle belle invention.
C’est grâce à elle que la culture se transmet, se construit, que la Science survit, et notamment l’Histoire des Sciences. Une discipline peu enseignée, peu connue, bien que n’étant pas la moins importante.
En effet, Il faut attendre le premier cycle de l’Université pour que soit abordée cette discipline si riche. Et encore, mes amis, sous forme de conférence ou de UE Libre.
Alors, quand une occasion se présente, il faut en profiter. C’est ce que se sont dit 300 étudiants ce mercredi 26 Janvier à l’Université de Poitiers.
“Aventures et mésaventures des savants francais au Pérou au XVIIIe siècle.”
Avec un intitulé comme ça, je frémissais déjà une semaine à l’avance. Le fait qu’un vieux baroudeur vienne me raconter une histoire épique, ça me plaisait.
On arrive donc dans l’amphi, il est plein, et c’est avec surprise que je constate que des personnes extérieures à la fac sont venues assister à la conférence, ce qui n’est pas interdit, loin de là. Ca me réconforte juste dans l’idée que ça va être une conférence très intéressante.
Le personnage rentre dans l’amphi, il prépare ses affaires, rien de bien exceptionnel. Il commence sa conférence, il a une voix qui porte. Le micro ne marche pas ? Ce mec n’en a pas besoin. Ce mec, c’est Arkan Simaan.
C’est alors 2 heures d’Histoire des Sciences qui commencent, des aventures et des mésaventures. De la France au Pérou (l’Equateur actuel) en passant par l’Espagne. Nos cher académiciens ne sont pas au bout de leurs surprises, des problèmes économiques, des problèmes de compréhension, et surtout des problème de femmes.
La question est : “La Terre est-elle aplatie aux pôles ou selon l’axe des pôles ?”
Elle oppose Newtoniens, et Cartésiens. Français et Anglais, pour simplifier.
A.Simaan nous compte cette histoire plus à la manière d’un conte pour enfant, même si les explications scientifiques ne sont pas de ce niveau là. Et c’est 300 étudiants qui restent schotchés à ce qu’il raconte.
On se rend compte alors qu’une expédition comme celle-ci qui prendrait 1 ou 2 ans tout au plus à notre époque, leurs prendra plus de 10 ans, avec des morts et des blessés. On prend alors soudainement conscience de la distance qui nous sépare du reste du monde.
De plus, A.Simaan, nous apprend avec quelle vivacité les scientifiques français, pour la plupart cartésiens, défendent leurs convictions. Ils sont - non pas à la base de la science moderne, puisque Newton, tout aussi exécrable soit-il, occupe cette place, même si ses théories ne sont en fait que de l’intuition - un maillon indispensable de l’Histoire des Sciences.
Ils ont, pour certains au prix de leurs vies, écarté tout “miracle” de la science, Dieu n’explique plus l’inexplicable, Dieu n’est plus une solution, ce que Newton ne pensait pas à l’époque.
Seulement à un certain moment, ils apprennent qu’une autre expédition, elle aussi française, donne finalement raison aux Newtoniens. Ils finissent donc leurs recherches et rentrent en France presque 5 ans plus tard, avec eux aussi des résultats, donnant raison au Newtoniens.
Mais c’est un tout autre enseignement que nous donne A.Simaan. Même si vos recherches sont obsolète, même si vous vous confrontez à un des plus grands esprits du 18e siècle, il ne faut jamais abandonner. Il faut vérifier toute théorie scientifique, la démontrer, et l’établir comme vérité scientifique, même si c’est pour apprendre que c’est finalement votre théorie qui était erronée.
Un double honneur pour eux, ils ont su terminer leurs recherches, même quand l’espoir et l’intérêt n’étaient plus là, et admettre qu’ils avaient tort.
On est finalement sorti de l’amphi avec la conviction que ce que nous faisons est juste et fondé, que la Science mérite d’être enseignée et que nous avons le devoir de l’apprendre.
lhooq